Zachary Richard parle à propos du français

par Katrinna Huggs

"My Papa was a hard working man 
Held a plow inside a calloused hand
Up before the sun out on the land,
Try to give us everything he can.
 
He sent us off to school when a teacher came,
Said 'My-boy try hard, do the best you can.'
But the teacher we could not understand, 
Because she only talk 'Américain.'
 
My Papa couldn't tell us and it did make no sense,
When the teacher told us that we could talk
no French no more.
Things were changing fast in Louisiane,
Cajuns can't talk English feel ashamed,
But nowadays its getting so you can't
Tell the Cajuns from Américains."

- Extrait de "No, French, No More" sur l'album de Zachary Richard (1990 A&M Records), Women in the Room.

"Je pense que la réalité est," dit le musicien et poète Zachary Richard, qui fut jadis tellement militant pour la préservation de la langue française en Louisiane qu'il refusait de parler anglais, "qu'une fois que le cordon ombilical a été coupé, alors, je pense qu'il est difficile de regagner le terrain perdu. Parce que peu de parents parlent français à leurs enfants à la maison, la situation est assez désespérée. Et malheureusement, la plupart des parents maintenant -je parle de parents de mon âge- ne parlent pas français".

Richard a appris à parler français parce que ses grands-parents ne parlaient pas anglais. Il croyait que son expérience était universelle parmi les Cadiens et les Créoles. "Je pense que l'important pour moi, est un véritable attachement émotionnel à quelqu'un que j'aimais beaucoup et qui pouvait parler français".

Pourtant Richard, comme certains de ses contemporains qui ont grandi en parlant français et le parlent toujours, ne pense pas que "no French no more" est totalement pessimiste. Pour Richard, la grande ironie de la situation, c'est que la même génération qui a perdu son français de la rue a aussi commencé à lire et à écrire en français, ce qui, pour lui, est nettement plus intéressant.

Brenda Mounier est un exemple de quelqu'un inspiré par la renaissance cadienne des années 1970. Elevée par des parents francophones à Ville Platte, Mounier fait l'effort dans ses cours de français à Woodvale Elementary de mettre en parallèle le français cajun et le français standard quand des mots entrent en conflit. Après presque deux décennies d'enseignement du français aux enfants des écoles de Louisiane, Mounier croit que l'idée de la langue française en Louisiane ne devrait plus être considérée comme bizarre. "C'est réel", dit-elle, "et nous devons en faire part du monde réel".

"Nous n'essayons pas d'imposer notre culture et notre langue à la population anglophone", ajoute-t-elle, "mais quand les gens me demandent, 'Pourquoi parler français?' je dis 'Pourquoi pas?'"

 

Courtesy of Katrinna Huggs and the Times Acadiana

Originally from the Oct 18th, 1990 issue.

 

 


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